• Revues

    La fabrique du compromis sur le marché du travail suisse. Évolutions et défis actuels

    NEG_020_L148Cet article fait partie du numéro 20 de la revue Négociations, qui consacre un dossier spécial à la thématique suivante: Penser le compromis.
    La contribution de Jean-Michel Bonvin et Nicola Cianferoni présente une analyse de la notion de compromis et de son rôle dans le contexte du marché du travail suisse, caractérisé par la volonté des divers acteurs en présence de privilégier les solutions de compromis, que ce soit au niveau politique, au niveau de la branche ou de l’entreprise. Ce contexte est donc marqué par la prédominance d’un type de négociation largement intégratif où chacun des participants au jeu négociatoire est censé trouver un avantage.
    Cependant, les auteurs montrent comment les récentes transformations du marché du travail suisse (accroissement des exigences de flexibilité, pression à la compétitivité, etc.) ont remis en cause les fondements de ce modèle ainsi que la possibilité même d’une négociation intégrative. Ils se demandent ainsi si cette évolution ne tend pas à déboucher sur des formes de négociation distributives, où les gains d’une partie coïncident avec les pertes de l’autre.
    Après avoir présenté le contexte d’émergence et les caractéristiques principales du modèle helvétique de compromis, Jean-Michel Bonvin et Nicolas Cianferoni mettent en lumière les défis posés par ses évolutions récentes et les illustrent au moyen d’une étude de cas portant sur une entreprise de l’industrie des machines.
    Téléchargez l’article de Jean-Michel Bonvin et Nicola Cianferoni via la plateforme Cairn.info.
    Références complètes: Bonvin, J.-M., & Cianferoni, N. (2013). «La fabrique du compromis sur le marché du travail suisse. Évolutions et défis actuels.» Négociations, 20(2), 59-71.

  • Notes de lecture

    À propos de « L’assurance chômage en Suisse. Une sociohistoire (1924-1982) », ouvrage de J.-P. Tabin et C. Togni

    Note de lecture publiée dans la revue Revue suisse de sociologie, n°40, 2013, p. 593-595.
    Jean-Pierre Tabin & Carola Togni, L’assurance chômage en Suisse. Une sociohistoire (1924-1982), Editions Antipodes, Lausanne, 2013, 229 pages.

    L’entrée en vigueur d’une assurance chômage obligatoire est l’aboutissement d’un processus long et complexe. Les auteurs proposent d’en établir une «socio-histoire» basée «sur le dépouillement systématique de sources et sur l’interprétation sociologique de ce qu’elles révèlent» (p. 14). Leur thèse peut être résumée ainsi: la création d’une assurance chômage institutionnalise l’émergence d’une nouvelle catégorie sociale, le chômage, située à mi-chemin entre la pauvreté et l’emploi. Ils estiment qu’un double consensus caractérise la période étudiée (1924–1982): d’une part, l’emploi est perçu comme «le seul moyen de distribuer la richesse en société» (p. 12) et, d’autre part, les coûts liés à l’indemnisation des chômeurs doivent être pris en charge « au sein d’un collectif » (p. 13). Le propos des auteurs est structuré autour de cinq chapitres dont chacun se rapporte à une période historique bien délimitée. Le premier chapitre focalise son attention sur les années qui suivent la Première Guerre mondiale, le deuxième sur la Grande Dépression des années 1930, le troisième sur les années de la Seconde Guerre mondiale, le quatrième sur la période de forte croissance économique des Trente Glorieuses et le cinquième sur la crise économique associée au choc pétrolier de 1973–74.
    La Loi fédérale sur l’assurance chômage de 1924, premier jalon de ce long parcours, introduit la participation de l’Etat fédéral au financement des caisses. Il s’agit par là d’assurer la survie des caisses syndicales dont la situation financière se dégrade avec la hausse du chômage qui sévit durant la Première Guerre mondiale. Ces subventions sont allouées en contrepartie d’une limitation du droit de grève et d’une gestion comptable clairement séparée des autres activités syndicales. L’Etat fédéral dispose ainsi des leviers nécessaires à une première forme de contrôle des syndicats dans la gestion du chômage. Les subventions favorisent les caisses publiques et paritaires sur le long terme, au détriment de celles syndicales qui voient la proportion d’assurés (comparativement à l’ensemble des caisses) diminuer de 94% à 30% entre 1924 et 1975.
    La révision constitutionnelle de 1947 permet de consolider les dispositions en vigueur tout en abrogeant un arrêté que le Conseil fédéral avait édicté en 1942, lorsqu’il disposait des pleins pouvoirs. D’après Tabin et Togni, le processus de «normalisation» de l’assurance se traduit à ce moment-là par l’adoption de quatre principes: le caractère facultatif de l’assurance, le financement par l’impôt et les cotisations salariales, la concurrence entre caisses et l’imposition de règles uniformes pour l’octroi des indemnités. Cette nouvelle base légale répond à la volonté de consolider la paix du travail et d’assurer une main-d’œuvre qualifiée sur le marché du travail. C’est pourquoi «l’accent (…) n’est plus mis sur l’indemnisation, mais sur la possibilité de changer les qualifications ou de renforcer la mobilité du travail» (p. 112). Le statut du chômeur connaît néanmoins une amélioration, en particulier pour les ouvriers masculins qualifiés.
    Le pays connaît une crise économique d’envergure au milieu des années 1970, mais le taux de chômage officiel n’augmente pas pour autant de manière significative. Parmi les explications proposées figurent le retrait des femmes du marché de l’emploi, le retour des étrangers dans leurs pays d’origine et l’exclusion des personnes non assurées des statistiques. Un nombre croissant de salariés décide néanmoins de s’affilier auprès d’une caisse de chômage. Quant au gouvernement et aux partis politiques, ils considèrent tous qu’une révision de l’assurance chômage est nécessaire et urgente. En 1976, l’adoption d’un nouvel article constitutionnel introduit un régime de financement paritaire et consacre le caractère obligatoire de l’assurance pour les travailleurs tout en précisant que la loi peut prévoir plusieurs exceptions. Un arrêté fédéral d’une validité de cinq ans exclut toutefois le patronat du financement durant la période transitoire.
    Le Parlement engage une procédure législative qui aboutit à l’adoption d’une nouvelle Loi fédérale sur l’assurance chômage (LACI) en 1982. D’après les auteurs, les débats sont marqués par quatre initiatives xénophobes qui rendent omniprésente la question de l’abus et «justifi[ent] sur la base de la rhétorique du juste milieu une politique restrictive en matière d’immigration» (p. 159). Le droit légal à des prestations de chômage comporte par conséquent de nombreuses exceptions qui s’appliquent à la population non résidente, comme c’est par exemple le cas des travailleurs frontaliers ou saisonniers. La LACI entérine également quatre nouveautés majeures, en partie déjà en vigueur durant la période transitoire: l’introduction d’une cotisation patronale dans le financement de l’assurance, le plafonnement du salaire assuré, la limitation de la participation financière des autorités à des circonstances exceptionnelles, la séparation entre encaissement et distribution (le premier étant pris en charge par les caisses de l’Assurance vieillesse et survivants – AVS – et le deuxième par les caisses de chômage). Le caractère involontaire de l’absence d’emploi, l’obligation d’accepter un travail convenable et le montant de l’indemnisation inférieur au salaire assuré caractérisent, dans la loi, cette nouvelle catégorie sociale du chômeur. Les auteurs ne précisent toutefois pas que cette catégorie repose aussi sur les sanctions prévues à l’encontre des chômeurs qui ne respectent pas les directives des offices cantonaux de l’emploi.
    L’ouvrage est particulièrement riche dans la description des débats et l’analyse des changements législatifs. Tabin et Togni parviennent à démontrer que la mise en place d’une assurance chômage découle d’un compromis entre acteurs sociaux, dont les termes sont façonnés au cours d’une période historique longue, caractérisée à la fois par des bouleversements et des continuités. Les auteurs apportent ainsi des éléments précieux pour une meilleure compréhension du fondement des politiques sociales. La lecture de leur ouvrage se révèle également intéressante pour saisir l’un des mécanismes – la gestion du chômage – œuvrant à l’intégration du mouvement ouvrier dans le corporatisme suisse. L’analyse proposée ne met toutefois pas en relation l’essor de l’assurance chômage avec le fait qu’à la différence d’autres pays européens, aucun système de sécurité sociale cohérent ne voit le jour en Suisse après la Seconde Guerre mondiale, ce qui aurait impliqué une autre conception des droits sociaux. De plus, l’institution d’une assurance chômage obligatoire est très tardive. Ce manque de perspective globale amène les auteurs à définir le caractère «social» de l’assurance chômage sur la base de critères restrictifs.
    Une discussion plus approfondie aurait été enfin souhaitable lorsque Tabin et Togni estiment que le caractère obligatoire de l’assurance «fait porter sur les victimes le prix du chômage et en dédouane totalement le patronat sinon par la fiction de la cotisation ‘patronale’ qui n’est rien d’autre qu’un salaire socialisé» (p. 179). En effet, si la création d’une assurance chômage obligatoire participe effectivement au processus de socialisation du salaire (les cotisations permettent le financement des prestations sociales), il n’en demeure pas moins qu’elle renchérit le coût du travail pour toutes les entreprises, indépendamment du fait qu’elles licencient ou pas. On regrettera enfin que des chiffres erronés concernant la cotisation dite de solidarité (confusion entre 1% et 1‰) aient pu amener les auteurs à considérer le montant en question comme étant «dérisoire» (p. 195).

  • Articles de presse

    Streik bei Gate Gourmet in Genf

    Streik bei Gate Gourmet in Genf. Der landesweite Gesamtarbeitsvertrag wird gegen die Beschäftigten im Cateringbereich gewendet
    Article paru dans le mensuel Sozialistische Zeitung (SoZ), n°11, November 2013.
    Traduction: Sozialistische Zeitung (SoZ)
    11e5753Sechs Monate lang streikten die Kolleginnen und Kollegen von Gate Gourmet am Flughafen Düsseldorf für bessere Arbeitsbedingungen. Das war im Jahr 2006. Der Streik erregte großes Aufsehen und erfuhr viel Unterstützung. Jetzt ist die Reihe an den Beschäftigten in Genf.

  • Articles de presse

    Genève. Grève à Gate Gourmet. Une illustration de l’offensive patronale dans le secteur aérien

    Article paru dans la revue www.alencontre.org le 5.11.2013.
    3729295589Une grève est en cours à l’Aéroport international de Genève (AIG) depuis le 14 septembre 2013. Après celles de Swissport, Dnata et ISS Aviation en 2010, elle se déroule aujourd’hui chez Gate Gourmet, leader mondial de la restauration pour les compagnies aériennes. Le personnel soutenu par le Syndicat des services publics (SSP-VPOD) s’oppose à une dégradation drastique de ses conditions de travail. Ce type de lutte est assez exceptionnel en Suisse. En effet, les conflits de travail débouchent rarement sur une grève. De plus, les employeurs disposent de puissants moyens légaux pour limiter le recours à cet « instrument de lutte » des travailleurs. La lutte des grévistes de Gate Gourmet met en évidence l’inefficacité des actuelles Conventions collectives de travail (CCT) dans la prévention du dumping salarial. Pire, les employeurs peuvent jouer sur des CCT pour baisser les salaires, sous le regard bienveillant des pouvoirs politiques, unissant la droite et la « gauche ». Cet article a été publié dans le mensuel allemand SoZ. Un entretien avec les grévistes a été publié sur ce site en date du 31 octobre 2013.

  • Interviews

    Genève. Grève à Gate Gourmet. Une lutte qui suscite une large solidarité à l’aéroport

    Cet entretien avec des grévistes, conduit par Nicola Cianferoni & Camilla Mina, a été publié dans la revue À l’encontre (31.10.2013)
    L’Aéroport international de Genève (AIG) est à nouveau le théâtre d’une grève. Après les salarié·e·s de Swissport, Dnata et ISS Aviation en 2010, c’est à ceux de Gate Gourmet, l’un des leaders mondiaux de la restauration pour les compagnies aériennes, de monter au créneau. Et pour cause. Dans le cadre d’un vaste plan de restructuration, l’entreprise souhaite imposer une dégradation des conditionsde travail de son personnel basé respectivement à Genève (Cointrin) et à Zurich (un hub lié à celui de Francfort). Ce plan prévoit une baisse de la masse salariale (diminution des salaires, intensification du travail, suppression d’emplois, etc.) et une concentration des activités dans des aéroports ciblés. Il s’agit ainsi de réduire les «coûts opérationnels» pour rester concurrentiel face aux autres entreprises au service des compagnies aériennes.
    A l’Aéroport de Zurich, le syndicat SSP-VPOD a renoncé de négocier et a accepté la Convention collective de travail (CCT) proposée par la direction. La situation est en revanche différente à l’Aéroport de Genève, où le syndicat SSP-VPOD et le personnel massivement syndiqué rejettent en bloc ce nouveau plan. Face à cette résistance, Gate Gourmet a donc choisi de résilier la CCT pour la fin de l’année 2013, entraînant l’introduction de nouveaux contrats individuels pour le personnel. En réaction, une vingtaine de salarié·e·s se sont mis·e·s en grève dès le 14 septembre 2013. Un mois et demi plus tard, le conflit se trouve dans une situation de blocage: les grévistes tiennent bon bien que six d’entre eux, entre-temps, ont été licenciés avec effet immédiat. Une récolte de fonds est actuellement en cours. Il est possible de faire une donation sur le compte PostFinance 12-18077-3 avec la mention «grève Gate Gourmet».
    Ce 31 octobre 2013, lors d’un rassemblement, en présence de salarié·e·s d’autres entreprises, s’est tenue une conférence de presse devant l’aérogare. Les grévistes ont remis une résolution à la direction de l’Aéroport de Genève, appuyée par une pétition signée par 2025 salarié·e·s travaillant sur la plateforme aéroportuaire. Cette pétition demande une meilleure protection des conditions de travail par le renforcement des CCT existantes et leur extension à toutes les branches.
    Trois grévistes, Dominique, Théo et une autre souhaitant rester anonyme, se sont rendus à l’Université de Genève le 25 octobre 2013, lors du 42e jour de grève, pour partager leur combat avec les étudiant·e·s. Nous avons saisi cette occasion pour nous entretenir avec eux.

    Présence des grévistes le soir des élections genevoises le 6 octobre 2013.
    Présence des grévistes le soir des élections genevoises le 6 octobre 2013.

  • Articles de revue

    Répondre au dumping salarial par la grève? Le cas de l’Aéroport international de Genève (AIG)

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    Article publié dans la revue Les Mondes du Travail, n. 12, 2012/2, p. 65-76.
    Résumé: Des salarié·e·s de trois entreprises actives à l’Aéroport international de Genève (Swissport, Dnata et ISS Aviation) se sont mis·e·s en grève au cours de l’année 2010. Cet article souhaite montrer que leur mobilisation s’inscrit dans l’histoire des relations collectives de travail sur le site aéroportuaire, sans être la conséquence directe de la crise économique de 2008. Deux éléments d’explication sont proposés: d’une part, le développement d’un sentiment d’injustice lié à la faiblesse des rémunérations pour un métier très pénible, et, d’autre part, l’attitude du syndicat consistant à intégrer l’ensemble des salarié·e·s dans l’action collective. Le déroulement de ces conflits est néanmoins marqué par la pression que le chômage exerce sur le personnel.
    Mots clefs: Dumping salarial, grève, restructuration, syndicalisme de lutte, sous- traitance.
    Abstract: Some employees of three airport operating companies in Geneva (Swiss- port, Dnata and ISS Aviation) went to strike in 2010. This article aims to show that their mobilization is in line with the history of industrial relations on the airport, which is not the direct result of the economic crisis of 2008. Two explanations are proposed: firstly, employees developing a sense of injustice associated with low wages for their hardjob; secondly, the attitude of the trade union attempting to integrate all employees in the collective action. The course of these conflicts is marked however by the pressure of unemployment on employees.
    Keywords: Wage dumping, strike, restructuring, unionism based on struggle and agitation, outsourcing.

  • Chapitres de livre

    Quality of employement in Europe. Legal and Normative Perspectives

    Borelli, Silvia / Vielle, Pascale (Eds.). Quality of Employment in Europe. Legal and Normative Perspectives. Series: « Work & Society ». Vol. 74. Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt-am-Main, New York, Oxford, Wien. Peter Lang. 2012. 289 pp.

    Book synopsis

    Since 2001, ‘quality of employment’ has been at the core of the political, academic and practical agenda, and has fed a wide-ranging debate. For the first time, a scientific work takes stock of the legal and normative understanding of quality of employment in Europe. In order to develop an interdisciplinary dialogue, the book underlines the importance of law in the debate on quality of employment and suggests how European concepts and tools might be adapted to enrich scientific reflection by employing a rigorous legal approach. To this end, the authors analyse the relevance of the concept of quality of employment in international, European and comparative law, examining a range of topics such as collective and labour rights, social security, non-discrimination and equality at work. Lastly, the authors examine the topic from the ‘Capabilities’ perspective, proposing concrete and realistic paths for maintaining the European concept of quality of employment and European social Law in the framework of the ILO Decent Work Agenda.

    Contents

    Pascale Vielle & Silvia Borelli: Introduction. Legal and Normative Perspectives on Quality of Employment in Europe

    Pascal Caillaud, Dalila Ghailani & Ramón Peña-Casas: Conceptual and Legal Framework for Quality of Work and Employment in International Institutions. The European Union and the International Labour Organisation

    Jérôme Deumer: Reconciling «Quality of Employment» with the Principles of «Flexicurity»

    Pascal Caillaud: The Social Teaching of the Catholic Church and Quality of Work

    Silvia Borelli: The Concept of Employee and Quality of Employment

    Silvia Borelli: Job Quality in Atypical Forms of Employment. Reality or Utopia?

    Filip Dorssemont: The Freedom of Association and the Effective Right to Collective Bargaining in EU Labour Law, as a Lever for Better and Decent Jobs

    Elise Dermine: Suitable Employment and Job of Quality

    Pascal Caillaud: The Legal Status of the «Offer of Employment». A French Concept of Suitable Employment?

    Laura Carlson: Family Friendly Employment as Quality of Employment

    Christine Canazza: Quality of Employment within the Active Ageing Strategy

    Antonio L. García-Izquierdo & Pedro J. Ramos-Villagrasa: Equality Employment Opportunity Legislation in Europe. Organisational Barriers and the Organisational Justice Framework for the Promotion of Women at Work

    Jean-Michel Bonvin, Nicola Cianferoni & Frédéric Widmer: Promoting Quality of Employment in the European Union and Beyond. The Necessary Contribution of Law.

    Order online

    Print: SFR 41.00 / €* 35.80 / €** 36.90 / € 33.50 / £ 27.00 / US$ 43.95
    eBook: SFR 43.20 / €* 39.87 / €** 40.20 / € 33.50 / £ 27.00 / US$ 43.95
  • Revues

    Les Mondes du Travail n. 12 / Dossier « Travail et action collective en temps de crise »

    Les Mondes du Travail n. 12
    La revue Les Mondes du Travail n°12 vient de paraître. Il a été coordonné par Mélanie Guyonvarch (Centre Pierre Naville, Université d’Evry Val d’Essonne) et Jean Vandewattyne (Université de Mons (UMONS) et Université libre de Bruxelles (ULB). Il est composé par plusieurs articles regroupés dans un dossier intitulé: «Travail et action collective en temps de crise».
    Les controverses sur la crise économique, apparue début 2007 avec la crise dite des «subprimes», sont nombreuses. Toutefois, les analyses convergent au moins sur un point : la dégradation de la situation économique serait la plus grave depuis la Grande Récession de 1929. Pour analyser les manifestations de cette crise et ses impacts sur les mondes du travail, le dossier à rassemblé huit contributions. Structurées autour de trois niveaux d’analyse, elles partent des réalités les plus locales (Aéroport de Genève, Chantiers navals de Saint-Nazaire, secteur automobile…) en passant par des réalités nationales (Allemagne, Espagne et Grèce) pour se clôturer par une analyse des politiques de réforme des marchés du travail menées en Europe, principalement dans les pays du Sud.
    Ces articles abordent la crise sous des aspects aussi divers que les marchés du travail, les stratégies d’entreprise, les discours managériaux, le contre-pouvoir syndical, les nouveaux mouvements sociaux ou encore les perceptions de la crise parmi les salariés.
    Le «Grand entretien» du numéro présente le point de vue quelque peu iconoclaste du philosophe Anselm Jappe sur le sens et les causes d’une telle crise.
    GRAND ENTRETIEN AVEC ANSELM JAPPE
    «La financiarisation et la spéculation sont des symptômes»
    DOSSIER: TRAVAIL ET ACTION COLLECTIVE EN TEMPS DE CRISE
    Introduction / Mélanie Guyonvarch et Jean Vandewattyne
    Les effets de la récession dans la filière automobile en France / René Mathieu et Armelle Gorgeu
    Travailler dans une industrie en crise(s): le cas des chantiers navals de Saint-Nazaire / Pauline Seiller
    La crise ne date pas d’hier: enquête parmi les cadres, ingénieurs et techniciens (2001 – 2006) / Mélanie Guyonvarch et Gaëtan Flocco
    Répondre au dumping salarial par la grève? Le cas de l’Aéroport de
    Genève / Nicola Cianferoni
    Les syndicats grecs dans le contexte de crise économique /
    Christina Karakioulafis
    Défis et perspectives pour le syndicalisme en Espagne / Antonio Antón
    Morón
    La crise et ses effets vus par des syndicalistes allemands de l’IG Metall /
    Meike Brodersen et Jean Vandewattyne
    Quand les réformes du marché du travail favorisent l’insécurité
    socio-professionnelle / Stéphen Bouquin
    CONTRE-CHAMP
    Résistance, autonomie et implication des salariés. Quelle sociologie pour le travail? / Daniel Bachet
    Ont collaboré au dossier (par ordre alphabétique) : Stéphen Bouquin (Université d’Evry Val d’Essonne), Meike Brodersen (Université libre de Bruxelles), Nicola Cianferoni (Haute école de travail social et de la santé (Lausanne)), Gaëtan Flocco (Université d’Evry Val d’Essonne), Armelle Gorgeu (Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris), Mélanie Guyonvarch (Université d’Evry Val d’Essonne), Christina Karakioulafis (Université de Crête), René Mathieu Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris), Antonio Antón Morón (Université Autonome de Madrid), Pauline Seiller (Université Paris Descartes), Jean Vandewattyne (Université de Mons et Université libre de Bruxelles).
    Les commandes peuvent se faire via le site de la revue www.lesmondesdutravail.net ou directement sur Amazon.

  • Notes de lecture

    À propos de « Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché », ouvrage de Marlène Benquet

    Les damnées de la caisseMarlène Benquet, Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché, Editions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, 2011, 238 pages.

    Note de lecture publiée dans la revue Négociations, n. 18, 2012/2, p. 137-140.

    En 2008, un conflit «improbable» dans un hypermarché situé dans un quartier populaire de Marseille attire l’attention de Marlène Benquet. En effet, la première grève interenseigne et intersyndicale ne se termine pas le jour même comme le prévoient les organisateurs, mais se prolonge durant 16 jours sur la base de trois revendications : une prime exceptionnelle de 250 euros, la possibilité de travailler à plein-temps pour le personnel employé à temps partiel contraint et l’augmentation des tickets-restaurants de 3,05 à 5 euros. Interrogée par ces événements, l’auteure décide de se rendre à Marseille alors même qu’elle travaille à la caisse d’un hypermarché resté à l’écart de cette journée de mobilisation (dans le cadre d’un doctorat effectué à l’EHESS de Paris) (1). Dans le but de mieux saisir les enjeux locaux, régionaux et nationaux de la négociation collective entre organisations syndicales et patronales, elle réalise des entretiens et récolte des matériaux qui l’amènent à considérer que la mise en évidence des «facteurs structurels et objectifs (…) ne permet pas de rendre compte du temps et de l’espace d’une mobilisation» (p. 16).

  • Rapports scientifiques

    Étude sur le temps de travail dans le secteur bancaire suisse

    Contexte de l’étude*

    L’art. 46 de la loi sur le travail (LTr) et l’art. 73, al. 1, de l’ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1) exigent des documents détaillés dont ressortent les indications nécessaires à l’exécution de la loi. Depuis un certain temps, les critiques se sont multipliées à l’égard de ces exigences qui ne tiendraient pas compte des besoins réels d’une plus grande flexibilité du temps de travail dans le monde professionnel. En conséquence, le SECO a décidé d’examiner si une solution à ce problème pouvait être trouvée, qui permettrait de garantir la protection des travailleurs et la vérification du respect de la loi sur le travail par les autorités d’exécution à l’intérieur d’un certain cadre. Ce projet pilote ne porte pas sur la définition des travailleurs qui exercent une fonction dirigeante élevée au sens de l’art. 3, let. d, LTr et qui échappent aux prescriptions en matière de durée du travail et du repos prévues par la LTr.
    Pour répondre à ces questions, le SECO a mis sur pied le projet pilote «Temps de travail basé sur la confiance dans le secteur bancaire» et créé un comité d’accompagnement. Dans un premier temps limité à la région zurichoise, le projet a ensuite été étendu à toute la Suisse, ce qui a permis à l’ensemble des banques nationales d’y participer ; au final, sept institutions bancaires employant environ 45 000 employés (ce qui représente près d’un tiers du total des employés dans la branche) y ont pris part.
    Les banques devaient être soumises à la Convention relative aux conditions de travail du personnel bancaire (CPB 2010) et ont été tenues de mettre en œuvre une notice élaborée par le comité d’accompagnement. Les supérieurs hiérarchiques ont en outre reçu des informations complètes sur les durées maximales de travail en vigueur, l’interdiction de travailler la nuit et le dimanche et sur le déroulement du projet pilote. Une année plus tard, les autorités cantonales d’exécution ont procédé à des contrôles par sondage au moyen d’une liste de contrôle élaborée à cette fin. Cette dernière devait leur permettre de vérifier si les indications mentionnées permettaient de contrôler le temps de travail et, partant, de garantir le respect des durées de repos/pauses, des durées maximales de la semaine de travail, etc.
    En parallèle, l’École d’études sociales et pédagogiques à Lausanne a réalisé une étude scientifique indépendante sur le « temps de travail basé sur la confiance » et son impact sur les travailleurs des institutions bancaires ayant participé au projet pilote. Sur la base de don- nées empiriques, l’étude a montré les relations qui peuvent exister entre l’enregistrement allégé du temps de travail, les heures supplémentaires, la conciliation entre l’activité professionnelle et la vie privée, le stress et la santé d’employés des banques engagées dans le projet pilote. Les connaissances accumulées ont servi à chercher de nouvelles solutions.
    Le présent rapport vise à évaluer le projet pilote sur la base des expériences menées avec la notice et les contrôles par sondage, ainsi que sur les résultats de l’étude d’accompagnement ; les conclusions doivent servir à formuler des propositions sur la suite des démarches.
    * Source: Rapport final relatif au projet pilote « Temps de travail basé sur la confiance » (p. 5) rédigé par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), Zurich/Berne, 21 décembre 2011.
    Faut-il enregistrer ou pas le temps de travail à l’ère de la flexibilité?

    Communiqués de presse du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)

    « Enregistrement du temps de travail: nouveau mandat suite au manque de consensus sur le projet de révision » (5.7.2013)
    « Certains travailleurs doivent pouvoir renoncer à l’enregistrement de leur temps de travail » (11.9.2012)

    Documents à télécharger:

    Rapport final relatif au projet pilote « Temps de travail basé sur la confiance » rédigé par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), Zurich/Berne, 21 décembre 2011.
    Étude d’accompagnement du projet-pilote ‘Temps de travail basé sur la confiance’ conduit par le SECO dans le secteur bancaire rédigé par Jean-Michel Bonvin, Nicola Cianferoni et Pascal-Eric Gaberel, EESP de Lausanne, 31 août 2011.